La politique de recherche du Laboratoire de Sociologie de Grenoble EMC2-LSG (ex CSRPC-ROMA) est centrée autour de la socio-anthropologie de l'art, de la culture et de la connaissance.
Le laboratoire fût membre-fondateur et est toujours la pièce maîtresse du GDR CNRS OPuS (Oeuvres-Publics-Société) devenu le GDR International OPuS2. Ce GDR regroupe de nombreuses équipes de recherche aux plans national et international.
L'EMC2-LSG est par ailleurs partie intégrante du Cluster régional de Recherche « Culture, Patrimoine, Création » (n° 13). Ce Cluster regroupe au plan régional "Rhône-Alpes" différentes équipes de plusieurs disciplines s'intéressant aux mondes de l'art, de la création et du patrimoine.
De la sociologie des œuvres à une socio-anthropologie de la création
« Il n'y a pas de chemin, il faut cheminer...
... mais aussi dans les émotions de ces cheminements... »
Michel Verret
« Une démarche scientifique se caractérise par le fait qu'en trouvant
de nouveaux objets elle développe de nouvelles méthodes. »
W. Benjamin
La problématique de recherche du laboratoire se construit à partir de la posture Socio-anthropologique (à visée interdisciplinaire, par définition) autour de ces 3 concepts ou « fils rouges » transversaux que sont : Médiation, Création, Cognition.
L'attention aux multiples temporalités de la vie sociale, aux effets de sédimentation, de trajectoire, de bifurcation est une constante des travaux de l'équipe. Nous considérons que « l'histoire compte » (Jean-Claude Passeron), aussi bien à l'échelle des individus et de leurs relations qu'à celle des organisations et des institutions.
Cela nécessite évidemment de construire des outils susceptibles de saisir et de restituer ces changements d'échelle, en empruntant librement à diverses traditions sociologiques. D'où l'importance de notre choix de cette posture épistémologique et méthodologique que nous qualifions de «socio-anthropologique».
Ni nouvelle discipline, ni objet à constituer, ni finalité épistémologique, la socio-anthropologie constitue plutôt un concept médiateur permettant de saisir la genèse des divers modes de connaissance de soi et de l'autre.
La spécificité de la posture socio-anthropologique tient avant tout dans son intention de revisiter les partages disciplinaires classiques, de réfléchir sur les manières de composer avec les outils théoriques et méthodologiques de la sociologie, de l'anthropologie, de la sémiologie, de l'histoire, de la philosophie et d'autres disciplines socio-humaines dans une perspective transversale. Nous n'entendons donc pas ici le terme "Anthropologie" comme étant un synonyme du terme "Ethnologie", mais plutôt dans le sens de Kant lorsqu'il propose l'idée d'Anthropologie pragmatique (Connaissance pragmatique de ce que l'homme en tant qu'être de libre activité, fait, ou peux et doit faire, de lui-même. Qui pose à l'époque déjà les questions des rapports nature/culture, individu/collectif, mais encore sensible/intelligible ou affect/intellect).
Pour le socio-anthropologue interroger l'Homme comme être historique et culturel, revient à se reposer en permanence la question de l'Autre, de cette étrangeté qui nous contraint à recréer sans cesse de l'altérité dans nos propres catégories de pensée, nous obligeant alors à nous demander si le discours socio-anthropologique peut vraiment permettre de parler de l'autre sans parler de soi ou « faire parler » l'autre.
L'oeuvre comme processus de Production/Médiation/Cognition
« L'altérité est le concept le plus antipathique au "bon sens". »
R. Barthes
« Peu m'importent les nouveaux continents, seuls m'importent les hommes nouveaux. »
Jules Vernes (Capitaine Nemo)
Le laboratoire identifie actuellement trois lignes directrices principales, ou pôles transversaux, qui s'appuient sur des expériences déjà engagées, mais ouvrent sur un certain nombre de perspectives :
ROMA
Recherches sur les Oeuvres et la Médiation Artistique
CAS
Culture Altérité et Symbolique
CoMIC
COgnition Méthode Interprétation Création
Il s'agit de trois modes d'entrées à la fois dynamiques et transversaux à nos recherches permettant de polariser trois grands types de questionnement autour des notions de Processus, de Médiation et de Production, et de les déployer autour de trois grands objets : L'œuvre, le symbolique et la connaissance.
- le premier pôle reprenant les centres d'intérêt de l'ex-ROMA en Sociologie de l'Art (Art, uvres, Imaginaire),
- le deuxième pôle centré sur les questions de Sociologie de la Culture plus largement (Goûts, pratiques, engagements, savoirs, discours, mémoire)
- le troisième pôle enfin s'attachant aux approches typiques de la Sociologie de la Connaissance (interprétation, émotion, diffusion, sensible, représentations, mythe, récit)
A partir des 3 concepts transversaux aux 3 pôles : Médiation, Création, Cognition, il s'agit de modéliser 3 grands espaces thématiques.
L'objectif est de rendre plus opérationnelle et pragmatique la transversalité à l'œuvre au sein des démarches des chercheurs de l'EMC2-LSG. On constatera ainsi que les projets de recherche se rattachent tous à deux au moins (sinon à trois) de ces pôles (ou thèmes).
Le laboratoire s'est doté de 2 à 3 chercheurs-référents par pôle :
| ROMA : | CAS : | CoMIC : |
Catherine Pessin Yvonne Neyrat et Pascale Ancel | Serge Dufoulon et Barbara Michel | Florent Gaudez et Pierre Le Quéau |
Tous les chercheurs interviennent peu ou prou dans les 3 pôles. Par ailleurs dans le développement de nos travaux, qui visent en tout premier lieu à approfondir notre expertise dans la sociologie de l'Art, de la Culture et de la Connaissance, nous sommes attentifs à consolider différentes formes de partenariat : aussi bien avec différentes institutions de l'art et de la culture, qu'avec les équipes de recherche d'autres disciplines ou universités.